Mathieu WEEMAELS

Dans les années 2000, son outil de prédilection est le pastel sec, qu’il fabrique lui-même, et décline dans une myriade de tons subtils sur de grands formats qui représentent des nus la tête en bas reflétant de remarquables recherches picturales sur le rendu de la peau, avec ses subtiles variations chromatiques aux reflets cendrés dont il a le secret…

Autre sujet favori, les objets du quotidien de son atelier, baignés dans cette lumière du Nord froide et poudreuse comme la neige. Il peut s’agir de simples bols posés sur une table, avec quelques fleurs éparses, des petites boites, ou alors c’est une chaise qui revient souvent dans ses compositions, sur le devant du tableau, ou reflétée dans un miroir, ou encore une veste foncée, oubliée sur  un pan de mur…

Depuis quelques années, il n’utilise que la peinture à l’huile, mais demeure cependant fidèle à cette gamme de couleurs effacée, voilée, filtrée, poétique et indéfinissable, qui deviendra sa marque de fabrique.

Tels Hammershoi, Andrew Wyeth ou encore Antonio Lopez Garcia, c’est l’atmosphère solitaire et méditative qui lui sert de point de réflexion dans son travail. Les diktats provocateurs contemporains lui sont étrangers, au contraire il pose un regard introspectif sur l’art ; pour lui la peinture n’a pas vocation à déranger, mais plutôt à nous apprendre à « voir » au-delà des simples apparences du réel, en prenant juste le sujet comme prétexte.

Immobilité, absence, vide, silence, fugacité, austérité même…  

L’artiste creuse à vif son chemin de solitude et de rigueur, semblant ignorer la fièvre du monde extérieur, comme si seule la peinture était à même de soulager ses angoisses intérieures.

Né en 1967 à Bruxelles, formé à l’Ecole de La Cambre, Mathieu Weemaels vit et travaille en Belgique.

Ses compositions aux cadrages audacieux, renforcés par la présence de miroirs, qui par leur forme abstraite, engendrent de nouvelles réalités, nous plongent avec délice et délicatesse dans un espace méditatif de contemplation. Derrière les apparences existent des « moments de  grâce », apaisants et interrogateurs pour nos yeux de spectateurs.